Actualité Santé Française
Un "observatoire" pour mieux "riposter" à la désinformation médicale
Ludovic MARIN - AFP/Archives
Mammographies dangereuses, traitements naturels... Pour "riposter" à la désinformation médicale, notamment autour ducancer du sein, le ministère de la Santé lance un "observatoire", promis depuis plus d'un an, censé mieux détecter, analyser et répondre aux fausses informations.
"La désinformation en santé est un lent poison mortel. C'est l'une des principales menaces pour notre santé publique", a déclaré mercredi la ministre Stéphanie Rist, lors d'une conférence de presse.
Déjà présentée comme une "priorité" en janvier, la lutte contre la désinformation en santé se dote de son premier outil : un "observatoire" avec la mission de "documenter le phénomène", "détecter les signaux émergents" et partager "des informations scientifiques fiables".
Cette structure avait été promise en avril 2025 par l'ancien ministre de la Santé Yannick Neuder, avant d'être reprise par l'actuelle dans la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, annoncée il y a 10 mois.
Vaccination,cancer alimentation : la désinformation en santé est "massive" et les réseaux sociaux ont "provoqué l'industrialisation de la fabrique du mensonge", a affirmé Stéphanie Rist, rhumatologue de profession.
Selon un sondage réalisé en ligne du 6 au 12 mars et dévoilé mercredi, sur un échantillon d'environ 2.000 personnes, près de quatre Français sur 10 (38 %) pensent être exposés à des informations fausses en matière de santé au moins une fois par mois, voire une fois par semaine pour 18 % d'entre eux.
Trois Français sur 10 estiment aussi avoir déjà suivi une recommandation erronée, avec comme conséquence l'interruption d'un traitement (32 %) ou le retard d'une consultation médicale (34 %).
En plein Octobre rose, mois de sensibilisation au dépistage ducancer du sein, le ministère pointe la dangerosité des fausses informations sur cette maladie, "que ce soit le dépistage, les mammographies, les traitements, les effets secondaires ou les pratiques alternatives".
-"Idée obsolète"-
En pratique, l'observatoire de la désinformation, appuyé par une expertise scientifique indépendante, exercera une veille continue, publiera des baromètres et des recherches, et pourra animer des groupes de travail, a précisé le cabinet de la ministre.
Il s'appuie aussi sur un "dispositif d'infovigilance" chargé notamment d'organiser concrètement la "riposte".
Ce deuxième outil repose sur une communauté d'acteurs publics (agences régionales de santé, institut de recherche) pour faire remonter des "signaux faibles" de désinformation circulant sur les réseaux sociaux ou constatés sur le terrain.
Des experts pourront ensuite produire des éléments de réponse diffusés sur le site Santé.fr et les réseaux sociaux, notamment TikTok, via un nouveau compte dédié, "Le CheckUp".
Ce réseau social a été privilégié, justifie le ministère, car il "rassemble le plus de cas de désinformation" et pour toucher les jeunes.
Dans certains cas, le ministère pourra répondre en "quasi-direct" en "commentaire" aux posts viraux "véhiculant de la désinformation".
Côté moyens, aucune "enveloppe spécifique" n'est prévue pour ces dispositifs, la veille "est opérée au sein de la direction de la communication du ministère", qui va "peut-être être un peu renforcée".
Mais ces annonces n'apportent "rien de nouveau", déplore auprès de l'AFP le pharmacologue Mathieu Molimard, l'un des auteurs d'un rapport sur la désinformation en santé, remis au gouvernement en janvier et recommandant 10 mesures.
L'observatoire, "c'est une idée obsolète, surtout sans moyens", déclare-t-il, jugeant aussi inutile de "courir derrière la désinformation", qui est "sans limite".
L'expert regrette également l'absence d'une plateforme de signalement destinée à l'ensemble des professionnels de santé et de "réponse juridictionnelle" pour sanctionner les désinformateurs.
Le rapport qu'il a co-écrit plaidait plutôt pour la création d'un site grand public d'information médicale, indépendant des autorités politiques, validé par un comité scientifique d'experts.
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Santé: le ministère lance un "observatoire" de la désinformation
Lexique
L'organisme fabrique en permanence ces cellules anormales à potentiel cancéreux. A l'état normal, le système immunitaire tue et élimine ces cellules. Il est des circonstances ou le système immunitaire, pour des raisons non connues, semble débordé et n'assure plus cette fonction éliminatrice en laissant se développer des tumeurs malignes qui vont progressivement infiltrer et détruire les tissus environnants.
Selon leur type cellulaire et de façon très générale, on divise les cancers en carcinomes ou épithéliomas (atteinte des tissus de revêtement des organes et conduits) dont les adénocarcinomes et en sarcomes atteinte du tissu conjonctif ou tissu de connexion et de cohésion des organes).
Certains types de tumeurs cancéreuses ont tendance à essaimer dans l'organisme, par voie lymphatique ou sanguine, vers des tissus particuliers ou pas, créant ainsi des tumeurs secondaires (métastases). Par exemple, le cancer du sein a tendance à métastaser préférentiellement vers les os, puis le foie, le poumon. D'autres types de tumeurs vont au contraire n'avoir qu'un développement local comme le carcinome baso-cellulaire.
Certains cancers dits hormono-dépendants, comme ceux de la prostate, du sein, du corps de l'utérus (mais pas celui du col), ont une croissance stimulée par des sécrétions hormonales (estrogènes).
De nombreux facteurs de risque sont identifiés :
Prédisposition génétique (entre 5 et 10% des cancers du sein),
Hyperestrogénie : c'est un cancer hormonodépendant),
Absence de grossesse ou grossesse de survenue tardive (après l'âge de 30 ans),
Surpoids, obésité et consommation excessive d'alcool (par hyperestrogénie secondaire),
Ménopause tardive ou 1ères règles précoces,
Antécédent de mastopathie bénigne,
Antécédent de radiothérapie thoracique.
Le cancer du sein est potentiellement grave car il métastase fréquemment et ce d'autant plus qu'il est évolué.
Le traitement du cancer du sein dépend du stade d'évolution de la tumeur :
stade I : tumeur localisée uniquement au sein, les ganglions axillaires ne sont pas envahis,
stade II : envahissement des ganglions axillaires,
stade III : d'autres aires ganglionnaires sont atteintes,
stade IV : présence de métastases dans d'autres organes.